![]() |
samedi 04 février 2012 -11°, Nuit claire Vent : 11 km/h |
![]() |
dimanche 05 février 2012 matin -7°, Neige Vent : 18 km/h |
Le modèle, calme et méditatif, est assis dans un fauteuil, au premier plan, devant une tenture en indienne. D’un motif statique, Suzanne Valadon a fait une composition dynamique grâce à tout un jeu de dialogues qui s’entrecroisent et à l’emploi d’une perspective plongeante. Malgré la densité des motifs juxtaposés, le sujet s’impose avec force et clarté grâce à la maîtrise éblouissante de la mise en page et à la puissance du dessin. La figure franche, continue, expressive, souple, a le pouvoir de suggérer le volume, la présence charnelle des choses. Le sujet plastique vit par lui-même.
Suzanne Valadon considérait le portrait de Madame Levy comme le «mieux peint» de tous ses tableaux. Madame Levy était une femme d’affaire. Malade, elle meurt peu de temps après l’achèvement du portrait.
Fille d’une blanchisseuse de Montmartre, Suzanne Valadon n’a pas eu la possibilité de fréquenter les académies. C’est une autodidacte. Jolie fille, avec ses beaux yeux bleus, sa chevelure blond vénitien abondante, sa silhouette voluptueuse, elle pénètre le monde artistique de Montmartre en devenant le modèle de Puvis de Chavannes (1880) et de Renoir (1882), qui deviennent sans s’en douter ses premiers maîtres. Sa rencontre en 1884 avec Toulouse Lautrec est capitale. Il est le premier à mesurer l’étendue de son talent. Il l’engage à consacrer sa vie à la peinture. C’est lui qui lui fera découvrir l’estampe japonaise qui aura une grande influence sur ses mises en page. Il faudra cependant attendre 1909 avant que Suzanne Valadon affirme sa personnalité forte, originale, féminine, savante et entre dans le cercle des créateurs modernes.
Ce tableau est exposé dans la salle 18 du département des Beaux Arts du musée de Cambrai.
Suzanne Valadon (Bessines 1865-Paris 1938)
Madame Levy
1922
Huile sur toile
92 x 73 cm
Dépôt en 1994 du Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
Musée de Cambrai