La Paix des Dames de Cambrai

Un traité très important : "La Paix des Dames" a été signé à Cambrai le 3 août 1529 en l’hôtel Saint Pol.

Un traité très important : "La Paix des Dames" a été signé à Cambrai le 3 août 1529 en l’hôtel Saint Pol.


Louis de Luxembourg hérite de l’hôtel particulier, et l'on s'accorde généralement à attribuer à ce dernier la reconstruction de l'Hôtel vers 1442.
On connaît le destin tragique de ce grand Seigneur, connétable de France et beau-frère du Roi Louis XI, accusé de félonie et décapité en 1475 place de grève à Paris sur ordre de ce roi. Ses biens confisqués furent restitués "avec tous le honneurs et privilèges" par le Roi Charles VIII à la famille de Saint Pol et en particulier à Marie de Luxembourg, petite fille du Connétable supplicié. C'est donc dans la maison cambrésienne de Marie de Luxembourg qu'eurent lieu les rencontres qui devaient aboutir à la fameuse "Paix des Dames".
Pour comprendre ce qui s'est passé alors, il ne fait pas perdre de vue la situation particulière de Cambrai, cité neutre entre la France et l'Empire, et située à peu près à mi-distance de Paris et de Malines où résidait Marguerite d'Autriche négociatrice pour le comte de son neveu Charles Quint.
On peut dire également que la Paix des Dames fut aussi une affaire de famille, car Louise de Savoie était devenue belle-sœur de Marguerite d'Autriche par le mariage de cette dernière avec son frère Philibert tandis que Marie de Luxembourg déjà cousine germaine des deux princesses était devenue leur tante par son premier mariage avec Jacques de Savoie. On voit par là que le choix de son hôtel cambrésien n'est pas l'effet du hasard.
Entrées à Cambrai le même jour, 5 juillet 1529, Louise prit logement chez Marie de Luxembourg, et Marguerite de l'autre côté de la rue à l'Abbaye Saint Aubert. Les deux habitations furent reliées par une galerie couverte jetée au-dessus de la chaussée pour permettre aux deux dames de se rencontrer sans que leurs allées et venues soient visibles de la rue (si vous levez les yeux, sur le côté gauche de l’hôtel Saint-Pol, côté rue du Marché aux poissons, on en voit encore les traces aujourd’hui).
La fille de Louise, et donc sœur de François 1er, Marguerite de Navarre logée au refuge d'Anchin rue des Capucins, profitait également d'un semblable passage enjambant la rue Saint Pol.
Les pourparlers entre ces dames se prolongèrent durant trois semaines, pour aboutir à un compromis, le 3 août 1529.
Ce traité, connu sous le nom de "Paix des Dames", est affiché le 5 août à la cathédrale.
François Ier cède Hesdin et renonce à ses prétentions italiennes, à l’Artois et aux Flandres mais garde la Bourgogne. Pour sceller cette entente, François Ier, veuf depuis plusieurs années, accepte d’épouser Eléonore de Habsbourg, la sœur de l’empereur. Enfin, le traité négocie également, en échange d’une énorme rançon ( 1000000 d’écus), la libération des enfants royaux, François et Henri (futur Henri II), qui étaient maintenus en otages à Madrid comme gage de paix et François Ier laisse à Charles Quint les mains libres pour agir contre les luthériens et les Turcs.

Toute la cour est en liesse, des festivités sont annoncées partout en France.
A Cambrai, Paule Henry Bordeaux décrit les réjouissances en ces termes : "Dans la nuit qui enveloppe la ville, les feux de joie s'allumèrent, les hérauts clament la Paix aux carrefours. La paix des quatre Dames ! Et Marie de Luxembourg fait ouvrir toute grande la porte ogivale de l'Hôtel Saint Pol, aux battants de chêne hérissés de clous à pointe de diamants, et sortir la vaisselle d'or qui se mélange à l'argenterie royale. Grâce à elle, Louise tient table ouverte à tous venants, tant aux pauvres comme aux riches".

Pourtant, ces dames vont bientôt disparaître et avec elles la paix. Marguerite rend l’âme fin novembre 1530 après une blessure au pied mal soignée et Louise de Savoie disparaîtra en septembre 1531, les dames disparues, le conflit reprendra dès 1536.

Sources :http://www.wikipedia.org/, http://www.aspecambrai.org/ et le livre "Mémoire de Cambrai - 1804/2004" de la Société d'Emultation de Cambrai.